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France, Politique

Alain Juppé : une pensée « en béton armé », un meeting détourné

24 juillet 2016

Hormis pour les quelque 400 sympathisants de Calédonie ensemble venus l’entendre à l’amphithéâtre de l’UNC, la visite d’Alain Juppé n’aura pas marqué les esprits. Peut-être le grand rival de Nicolas Sarkozy aura-t-il glané en Calédonie quelques suffrages à la primaire à droite. Mais localement les lignes politiques n’ont pas bougé. Au contraire. Peut-être aussi l’ancien Premier ministre a-t-il aujourd’hui le sentiment d’avoir été dupé, ici…

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France, Politique

Juppé en Calédonie : entre grincements de dents et craintes de récupération

21 juillet 2016

Alain Juppé sera en Calédonie jusqu’à dimanche matin dans le cadre de sa campagne pour la primaire à droite, qui verra la désignation du candidat Les Républicains à la présidentielle de 2017. Or, il se pourrait bien que son propre parti (lequel organise ces primaires) boycotte certaines séquences. En cause : une tentative de récupération politique de l’événement orchestrée par le parti gomésien…

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France, Politique

Le temps des primaires, au pluriel

29 mai 2016
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A six mois de la primaire à droite qui verra la désignation du candidat Les Républicains à la présidentielle de 2017, le top départ de la campagne vient d’être donné. Certains se félicitent d’êtres « partis » au plus tôt, d’autres, et parfois les mêmes, y voient un possible galop d’essai pour d’autres scrutins…
Un trio heureux.A l’heure actuelle, le trio le plus heureux se compose de Philippe Blaise, Gil Brial et Gaël Yanno. Leur candidat, Alain Juppé, caracole en tête des sondages d’opinion. Ces trois soutiens à l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac ont été les premiers, c’est vrai, à « se bouger » : il y a plus d’un an pour Gil Brial, par exemple ! Et, force est de constater que leur comité de soutien en Calédonie est certainement l’un des plus actifs sur la toile, où il relaye toute l’actualité de l’association « AJ pour la France » que complète un excellent travail de proximité et de terrain. Leur candidat est en outre annoncé du 19 au 22 juillet sur le territoire, où son engagement en faveur de la Calédonie dans la France remonte aux premiers temps du RPR et ne s’est jamais dévalué. La moisson devrait être fructueuse.
Bruno, l’outsider. Ça bouge aussi du côté de Bruno Lemaire, qui était en Calédonie et à Wallis et Futuna en août dernier. « La modernité du personnage, son ancrage en une droite décomplexée mais sociale », son côté iconoclaste aussi, avaient alors séduit Cynthia Ligeard, qui depuis anime son comité de soutien en Calédonie. « C’est un homme d’avenir », argumente-t-elle, bien que ce dernier ait fait savoir qu’il « ne sera jamais le Premier ministre de l’un de ses concurrents ». Pas très malin de sa part. Mais allusion directe à Manuel Valls, qui avait recueilli quelque 5% aux primaires 2011 des socialistes : trop peu pour la présidentielle, suffisamment cependant pour briguer Matignon… Toujours est-il qu’à partir de cette semaine une page facebook locale de soutien à Bruno Lemaire est activée. Pour les partisans de Lemaire, c’est un point de départ. Leur objectif : les jeunes ou les novices en politique.
« Lui, c’est moi ! » Enfin, ça bougera certainement prochainement du côté de François Fillon. S’il décide de se lancer dans la course à l’investiture, il pourra, compter sur le soutien d’un signataire de l’Accord de Nouméa : Bernard Deladrière, qui ne cache pas sa sympathie pour l’ancien Premier ministre, venu monter les deux drapeaux en Calédonie. « Fillon, c’est moi ! », proclame le membre du gouvernement, autant par conviction que par l’une de ces boutades qu’il affectionne tant.
Gare à la machine Sarkozy. Tous ces candidats à la primaire, Juppé le premier et certainement le mieux servi localement, ont un point commun : moudre le grain avant que la machine Sarkozy se mette en route. Président en titre des Républicains, il a l’appareil pour lui, sa force de conviction et peut se prévaloir de convictions sans failles dans le dossier calédonien : avant, pendant et après son mandat Elyséen. Sur les réseaux sociaux calédoniens, au moins deux pages facebook attendent l’annonce de sa candidature, que l’opportune mise entre parenthèses de ses tourments judiciaires ne contrarie plus…
Au final, tous pour un… Autant de soutiens pour une pléthore de candidats à droite pourrait effrayer et multiplier sinon les risques factieux tout au moins ceux de frictions entre les tendances. Mais il semble acquis qu’au soir du 27 novembre, date de la primaire à droite, les comités de soutiens se fondront pour ne soutenir que l’élu des primaires. Rien aujourd’hui n’en ferait douter. Non, c’est plutôt dans l’organisation d’un tel scrutin que l’affaire coince…
Eviter toute contestation.Pour éviter toute contestation sur la sincérité de l’élection, comme l’avait insidieusement fait Jean-François Copé accusant en son temps les Calédoniens de « tricherie », le patron des Républicains préconise zéro vote électronique et un mode de scrutin calqué sur les consultations classiques (municipales, législatives ou présidentielles). Avec vote dans les bureaux des mairies et des écoles, plutôt que dans les permanences de partis. Formidable sur le papier. Mais l’équation : tant d’habitants = tant de bureaux de votes, est irréaliste outre-mer. Une règle de trois plus loin, on se retrouverait en Calédonie avec une soixantaine de bureaux de votes, quatre scrutateurs par bureau et quatre assesseurs, soit au total pas moins de 480 militants ou sympathisants mobilisés pour la primaire. Ambitieux et sûrement démesuré !
La médiation de Pierre Frogier. – Actuellement à Paris pour cette raison notamment, le sénateur Pierre Frogier ne devrait cependant pas avoir de mal à infléchir la position par trop rigide de Nicolas Sarkozy, surtout s’agissant de la Calédonie et de ses 250 000 habitants disséminés sur 18 500 km2. C’est d’ailleurs dans ses prérogatives de vice-président du Comité des Outremers, et il saura le faire valoir. « Des primaires, oui ; une usine à gaz, non ! », résumait l’un de ses proches.
Une primaire qui en cacherait une autre ?Reste que l’organisation de leurs primaires donne aussi des idées aux Républicains pour la suite : passée la présidentielle de mai 2017, les législatives se profileront un mois plus tard. A moins d’un accord général entre non-indépendantistes, c’est-à-dire entre Les Républicains et le parti de Philippe Gomès, toutes les options sont ouvertes. Particulièrement dans la 1ère circonscription, où Sonia Lagarde ne devrait plus se représenter. Aussi, les candidatures virtuelles ou putatives se multiplient-elles. Certains sont déjà « partis » dans leur tête, d’autres y songent et certainement pas qu’en se rasant. Une primaire pourrait offrir à l’un(e) ou l’autre, l’onction démocratique qui leur manque.
La question est posée. Mais les avis sont partagés. D’un côté, renvoyer militants et sympathisants une deuxième fois à un scrutin risque de les lasser, comme de faire étalage sinon de divisions tout au moins de divergences d’appréciations au sein de la famille : ce n’est jamais bon. D’un autre côté, l’appareil sera bien rôdé, et le mode de désignation sera incontestable : l’occasion de faire émerger une nouvelle génération dans une caste que l’on se plait à décrier, mais que nul n’a su remplacer durablement. Alors, la question mérite d’être posée. Après tout, les primaires sont le mode de désignation des grandes démocraties. Et si on les accepte pour la présidentielle, pourquoi les refuser pour d’autres scrutins ? La question mérite d’être posée.
Les politiques, qui adorent les comparaisons sportives, savent qu’en Formule 1, les plus performants au « warm up » sont souvent les plus actifs en course et se retrouvent généralement sur le podium. Encore faut-il partir avec sa F1 et non son « mulet » : aux législatives, il n’y a qu’une seule place sur le podium. Pas trois comme en F1 !