Pour la première fois de son mandat, Sonia Lagarde a été mise en minorité au sein de son conseil municipal suite à la défection d’élus Calédonie ensemble pourtant issus de sa majorité. Un lâchage qui pourrait bien conduire les Nouméens à retourner aux urnes si le budget de la ville n’est pas voté en mars prochain.

(Photo Calédonie ensemble)

(Photo Calédonie ensemble)

Le feu couvait. – Surtout depuis que Philippe Dunoyer et les siens étaient entrés en dissidence, d’abord molle et sournoise, puis plus appuyée et frontale jusqu’au clash du dernier conseil municipal. Où ils ont refusé de voter les autorisations de programmes, bloquant ainsi l’aménagement du parc urbain des cinq îles. Le chantier restera en l’état, puisqu’aucune entreprise ne peut plus être mandatée par la municipalité.

Le prétexte des cinq îles. – « Ces travaux devaient permettre d’offrir aux familles nouméennes un véritable parc aéré avec de nombreux loisirs, mais également d’attribuer 290 millions de travaux aux entreprises calédoniennes, qui dans la période actuelle de crise économique en avaient bien besoin », s’insurgent Les Républicains calédoniens du conseil municipal.

Les Républicains calédoniens dénoncent la manœuvre. – « Calédonie ensemble s’est opposé à ces travaux d’aménagement en votant contre le lancement des appels d’offre (alors même que le budget avait déjà été voté) pour des raisons purement politiciennes », poursuit le groupe de Sonia Backes. Aussi, Les Républicains calédoniens dénoncent-ils « un procédé qui consiste à prendre en otage les Calédoniens : après le gouvernement et le congrès c’est désormais la mairie de Nouméa que Calédonie Ensemble déstabilise ».

La Blonde se rebiffe. – Plus offensive que jamais, la maire de Nouméa a tout de suite dénoncé sur les ondes « un coup politique » des élus gomésiens qui, dit-elle, « sont passés de la co-construction à la destruction ». Victime de ce qu’elle appelle « un règlement de compte politique », elle vilipende ces élus « que l’on ne voit jamais en mairie pour travailler, mais racontent partout que la Blonde en mairie pose un certain nombre de problèmes, parce qu’elle n’obéit pas au chef du parti ». Or, souligne Sonia Lagarde, « à l’inverse de Calédonie Ensemble, moi je me préoccupe de la qualité de vie des Nouméens. Donc je tiendrai ! ».

Michel fustige… – La réponse du secrétaire général de Calédonie ensemble ne s’est pas faite attendre : « Tempête dans un verre d’eau, non sujet, clame Philippe Michel. Sonia Lagarde n’est plus à Calédonie Ensemble de son propre fait depuis trois ans : elle ne participe plus à aucune réunion, ni à aucun congrès et elle n’a pas eu un mot de soutien pour la candidature de Philippe Dunoyer aux législatives ! » C’est vrai, mais il était déjà entré en dissidence vis-à-vis de sa majorité municipale, il faut le rappeler.

… et claque. – Sur le fond, Philippe Michel argumente que les 290 millions de travaux n’étaient pas budgétés, pas en ces termes tout au moins. C’est léger ! Sur la forme, il lui assène une volée basse de revers : « Depuis son élection, Sonia Lagarde a perdu 23 élus, six adjoints, deux secrétaires généraux et quatre directeurs de cabinet. Peut-être a-t-elle un petit souci de relation », claque-t-il. Peut-être aussi que le parti gomésien a bien manœuvré en coulisses pour polluer la politique municipale de son ex-candidate.

Retour aux urnes ? – Reste que « si Calédonie Ensemble se refuse à voter le budget de la Blonde », comme le glisse Sonia Lagarde, cette dernière ne craint nullement de retourner aux urnes, y compris l’année du référendum : « Les juges de cette affaire seront les Nouméens ! » Réponse en mars prochain.

M.Sp