Référent d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, et toujours représentant du parti du Président de la République en Calédonie, Patrick Louis dresse son bilan de la visite du Premier ministre. Et confirme les rumeurs d’adhésions importantes à LREM sur le territoire…

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En votre qualité de représentant du parti du Président de la République en Calédonie, que retenez-vous de la visite du Premier ministre, Edouard Philippe et de son discours au Congrès ?

Patrick Louis : Je pense que tous les Calédoniens ont bien pris conscience que ce passage d’Edouard Philippe sur le territoire n’était pas uniquement une visite de courtoisie. Nous avons un gouvernement, un premier ministre et un président de la République qui confirment leur rôle actif dans le dossier calédonien. La promesse de campagne précisant que la Nouvelle-Calédonie est un dossier outre-mer prioritaire pour l’Etat est donc tenue. Comme nous l’avions annoncé lors de la campagne présidentielle, et même si à titre personnel Emmanuel Macron souhaite que la Calédonie demeure dans la République française, ce sera uniquement aux Calédoniens de décider de leur avenir fin 2018. Le processus entamé il y a 30 ans ne sera pas revu. Comme prévu, des moyens seront mis en place pour que cette période se déroule dans un climat serein.

Du discours d’Edouard Philippe, je retiens le côté pragmatique qui caractérise cette nouvelle ère présidentielle. Les acteurs locaux doivent prendre leurs responsabilités, se mettre dès à présent au travail afin de respecter un calendrier bien défini et d’aboutir à des objectifs précis. Nous n’avons plus de temps à perdre, place à l’efficacité. Un autre point important de ce discours est cette feuille de route qui oblige les calédoniens à réfléchir à leur vie commune pour les années à venir.

Où en est votre mouvement La République en marche en Nouvelle-Calédonie, un peu plus de six mois après l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée ?

Le mouvement de La République En Marche en Nouvelle-Calédonie a débuté sa structuration il y a quelques mois, dans le but de s’implanter progressivement. Nous présenterons notre équipe en début d’année.

Au niveau national, des statuts ont été votés, un délégué général a été élu en la personne de Christophe Castaner, une équipe de direction et une équipe opérationnelle ont été mises en place.

Les personnes vivant sur notre territoire espèrent un changement, comme cela a pu se faire en Métropole. Cette transformation se fera avec toutes les personnes vivant en Calédonie et devra permettre de redonner de l’espoir à nos générations futures.

J’ai été reconduit le 31 octobre dernier dans mon rôle de référent pour les trois années à venir. Bénévole, mon rôle est d’ancrer le mouvement, d’assurer son animation politique en lien avec les élus, d’envisager les prochaines échéances électorales, de veiller au respect de la charte des valeurs de La République En Marche, d’être le porte-parole dans la région, et de faire le lien avec Paris.

Notre mouvement est représenté par différents comités sur le territoire. Tous nos adhérents peuvent y participer afin d’y apporter leurs réflexions.

En ce qui concerne notre positionnement vis-à-vis des prochaines échéances, nous ne rentrons pas dans le schéma d’un clivage Loyaliste/Indépendantiste, ce clivage faisant bientôt partie du passé, divisant les Calédoniens, excluant une partie des forces vives de ce territoire et empêchant de se projeter dans un avenir commun. Nous devons réinstaurer la confiance et l’envie de vivre ensemble, à tous, dans ce pays.

Enregistrez-vous actuellement une vague d’adhésion à LREM en Calédonie, comme certains l’affirment ?

Je constate des adhésions locales régulières à notre mouvement depuis quelques mois, sachant que celles-ci sont gratuites et se font sur internet. Le nombre d’adhérents a été multiplié par 3 depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Les électeurs calédoniens et les élus locaux font de plus en plus confiance au Président de le République et à son équipe gouvernementale.

LREM s’impliquera-t-elle dans la préparation du référendum de 2018 et comment ?

La République En Marche en Nouvelle-Calédonie va axer sa réflexion sur tous les thèmes qui permettent d’améliorer la vie des Calédoniens. L’organisation du référendum est enclenchée ; Edouard Philippe a déroulé le programme, a précisé la méthode et les échéances des mois à venir. Notre priorité est de proposer des pistes de réflexion pour notre projet de société dans un avenir commun. Celles-ci concerneront notamment la relance économique, les problèmes écologiques, la diminution des inégalités sociales, la formation et l’apprentissage des jeunes et la sécurité en général.

Propos recueillis par M.Sp