A moins de trois jours du dernier Comité des signataires avant le référendum, les choses s’accélèrent.

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Début de semaine, le débat sur la fixation de la date de la consultation au 4 novembre, a eu le grand mérite de révéler une majorité nationaliste et indépendantiste au Congrès prompte à voter la réécriture du Préambule de l’Accord de Nouméa par le député Gomès. Et les derniers loyalistes, minoritaires dans l’hémicycle du boulevard Vauban, la récuser. Il faudra s’y faire : l’assemblée délibérante de Calédonie est désormais d’une majorité contraire à celle pour laquelle les électeurs ont cru voter en 2014. Qu’on le veuille ou non, Calédonie ensemble a trahi ses électeurs et trouve plus d’affinités à discuter avec Paul Néaoutyine et Roch Wamytan qu’avec Les Républicains calédoniens ou le Rassemblement, qui doit se sentir un tantinet les pieds dans l’eau sur leur plateforme vermoulue.

Mais aujourd’hui, c’est la question de la question qui focalise toutes l’attention Calédoniens. Elle sera « forcément binaire », a promis le Premier ministre, mais les mots choisis compteront tout autant. Parlera-t-on de France et de souveraineté (qui un jour pourrait être partagée), comme le souhaitent nationalistes et indépendantistes ? Ou de France et d’indépendance, pour faire clair, comme le souhaitent Les Républicains calédoniens, rejoints par l’ensemble des loyalistes ? Ou les deux, selon la doctrine macronienne du « en même temps » ? Ce sera le premier point à l’ordre du jour du Comité des signataires du 27 mars.

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Le deuxième concernera la sécurité des Calédoniens avant, pendant et après le référendum : encore une demande des Républicains calédoniens, acceptée de tous les groupes politiques. Le haussariat s’y prépare de son côté, en multipliant les « patrouilles anti-cambriolages » des policiers et gendarmes. Des images télé du service public l’attestent. Mais lorsque l’on y voit le directeur de cabinet du haussaire accompagner les forces de l’ordre la nuit dans les rues et souhaiter une « bonne soirée » à des mineurs totalement alcoolisés sur la voie publique, alors qu’ils ont école le lendemain… cela fait désordre. Enfin, troisième point : la relance des discussions avec les indépendantistes. Réanimer le G10 en redéfinissant son format et ses prérogatives ? Ou le remplacer par autre chose qui fasse moins gadget de salon ? Grégoire Bernut a raison : la réponse légitime ne peut venir que du Comité des signataires. Et à ce rythme, le dernier de l’Accord ne sera peut-être pas le dernier du genre !

L.N