L’accord scellé à Paris sur les listes électorales devrait rendre le référendum de 2018 aussi fiable qu’incontestable. Maintes fois réclamés, les renforts de sécurité obtenus en marge des discussions officielles sont un bénéfice nécessaire qui contribueront certainement à la sérénité de la campagne et du scrutin. 

(Photo DNC)

(Photo DNC)

Les indépendantistes n’ont pas même tiqué à la douche écossaise que leur a infligé Matignon : les kanak non-inscrits sur les listes électorales ne sont pas 25 000 comme le croyaient, l’espéraient ou le redoutaient certains de leurs leaders. Mais 7 000 ! Auxquels s’ajoutent 4 000 autres natifs. Oui, clairement ce XVIe Comité des signataires est une réussite, que chacun a salué. Certes, on a mille fois épilogué sur les accords, plus faciles à conclure sous les ors des palais de la République et devant le Premier ministre de la France, qu’à Nouméa. Mais tout de même ! Le cru de novembre 2017 restera dans les annales.

Aujourd’hui pourtant, l’heure est au retour des délégations. Déjà ce week-end, se profilent deux congrès d’importance : celui du Palika et celui de l’UC-FLNKS. On mesurera à cette occasion si le raisonnable optimisme des édiles indépendantistes est partagé par leurs bases respectives. Ou si les analyses divergent. A force d’avoir dit et redit que « l’Etat colonial » excluait X milliers de kanak du scrutin d’autodétermination il peut avoir quelques séquelles, plus sociales et sociétales que politiques, d’ailleurs. A n’en pas douter aussi, les indépendantistes enfourcheront, non sans raison, le cheval de bataille de la traduction juridique de l’accord politique sur les listes référendaires : à savoir la modification souhaitée de la Loi organique. La proposition de texte arriverait au Congrès dans les quinze jours, dit-on du côté de l’Etat. Fallait-il en passer ou non par là ? Avec raison, les juristes répondent : « Toucher à la Loi organique a le don de réveiller, y compris les moins chatouilleux ». Or, ils ne sont pas loin de 54, boulevard Vauban !